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Catégorie : A.O.C. Figari
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Une polyphonie de cépages

 

C'est le vignoble le plus méridional de France et aussi le plus ancien puisque les premières vignes y sont apparues dès le 6ème siècle avant note ère. Victime du paludisme et des barbaresques, une grande partie de ses terres furent toutefois abandonnées jusqu'au 18ème siècle et réservées à l'hivernage pastoral.

 

Dans le courant du 19ème, en même temps que se développent les hameaux côtiers, la vigne va renaître et peupler quelque 150 hectares. En 1930, alors qu'on compte près de 350 hectares, les vins jouissent d'une réputation des plus flatteuses. A partir de 1965 et jusqu'en 1975, sous l'influence des rapatriés d'Algérie, le vignoble va subir une extension galopante et voir sa surface se porter à 1400 hectares. De nos jours, après de nombreux arrachages et une période de sommeil réparatrice, la vigne a retrouvé l'espace naturel où elle avait connu sa percée, il y a 150 ans. Avec une superficie globale de 110,6 ha et un rendement moyen de 29,9 hl/ha, le vignoble de Figari constitue l'une des cinq Appellations Corse-Village. Formé d'un plateau granitique très ancien, ce terroir venté et particulièrement sec abrite de nos jours l'ensemble des cépages corses traditionnels, mais aussi l'atypique Carcajolu Neru. Sous l'influence de quelques vignerons désireux de redonner à cette terre son statut de grand terroir, il est passé du statut d'Appellation prometteuse à celui d'exemple de réussite. Cette vigne qui semble pousser à la seule force des hommes produit des Rouges charpentés et typés et des Rosés et Blancs d'une grande finesse qui ont maintes fois séduit notre Comité de Dégustation.

 

La tendance du Millésime

 

Rompus à l’exercice périlleux que constituent les vendanges précoces, expérimentées lors de la campagne 2014, les vignerons de Figari s’étaient mis en ordre de marche pour affronter un millésime sec et chaud comme celui de 2016 . Par conséquent, les vins techniques, rosés et blancs, montrent une certaine fraîcheur et font preuve d’un bel équilibre, les blancs ramassés beaucoup plus tard se présentant davantage sur le fruit très mûr et sur la matière, ce qui autorise des accords sur une gastronomie plus orientée vers les viandes blanches que les poissons. Si les rouges 2014, compte tenu des conditions de production, affichent des perspectives plutôt moyennes, ils seront vite oubliés tant la qualité des crus 2015 et 2016 est superbe. Une réussite qui tient plus de l’efficacité du travail des vignerons qu’à celui de la nature..